mardi 26 juin 2007

Si les valises m'étaient contées : aujourd'hui, "le miracle alzonnais"


Cette histoire n'est pas commune. Alzonne ne faillit jamais s'en relever.

Tout a commencé un soir d'été. Un 23 juin exactement, à l'aube de la première guerre mondiale. Un temps que seuls les anciens se rappellent. Ce soir là, alors que le jour n'était pas encore couché, trois gamines, trois fillettes pas plus hautes que trois pommes, se balladent sur les bords de la rivière. Elles rigolent, elles chahutent, elles font un jeu comme seuls les enfants savent le faire, quand tout à coup !... Une lumière soudaine, entre deux peupliers!

D'abord inconscientes de ce qui se tramait à côté d'elles, tout à leur jeu... et puis soudain ! la petite Mélanie se rend compte de quelque chose de pas ordinaire! Là, à côté d'elle, une valise trônait dans le ciel ; une valise blanche et bleue, dans un halo de clarté. Une apparition! Oui! Dans toute sa splendeur, la valise brillait de mille feux. Une valise peut être, un émissaire venu du ciel sans aucun doute d'après les gamines. Mais allez croire des gamines pas plus hautes que trois pommes !


Très vite pourtant, l'affaire fait grand bruit, les médias s'en emparent et investissent le village; fini la tranquillité, adieu le calme et la sérénité ! petit village paisible et ordinaire, Alzonne devient tout à coup un concurrent de sa voisine des Hautes Pyrénées, où une autre valise était apparue quelque temps plus tôt, dans une grotte cette fois ci.


Plusieurs personnes à la suite des gamines affirmeront avoir vu Valise, Malle et autres émissaires célestes, mais, le trop est l'ennemi du bien. Très vite, avoir vu devient à la mode au point que celui qui ne déclare pas voir, passe pour un benêt ou un suppot maçonnique...


Village divisé, village éclaté sous les feux des projecteurs, quel autre miracle pouvait-il espérer que le retour à sa tranquillité... Or s'il y eut bien un miracle ce fut celui là. Les visions de valises se dissipèrent au bout de quelques mois, les journaux tournèrent peu à peu le dos non sans brûler ce qu'ils avaient tant adoré et Alzonne retomba dans l'anonymat, pour le plus grand bien de ses habitants.


D'ailleurs ne dit-on pas aujourd'hui « heureux comme un manja mel au bord du Fresquel » (le Fresquel est une des trois rivières du village et "manja mel" est le surnom des alzonnais, mais cela est une autre histoire que je vous conterai peut être un jour...).


Alain Ducoin, historien à ses heures perdues.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Great work.